Textes sur le compositeur

               

Construire une improvisation.

Extrait du texte écrit pour le Concert-portrait Esquisse – Improvisation par Patrick Defossez.

   Le concert monographique que propose Philippe Démier, nous donne à découvrir des territoires musicaux hors champs entre inventivité fixée (la partition) et mouvement (l’improvisation), mondes sonores teintés de dramaturgie narrative et de spontanéité, ces expériences instantanées en train de se faire

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               Le regard des interprètes

Le duo Cordes intimes Astryd Cottet et Benjamin Fau témoignent de leurs impressions après la création de pièces composées à leur intention.

   « Ayant cherché des œuvres nouvelles de compositeurs contemporains pour notre duo guitare et voix, nous avons sollicité Philippe Démier en 2005 pour qu’il compose à notre intention une œuvre sur un texte anglais de son choix. Ayant reçu l’enseignement du compositeur, nous avions pu apprécier son souci de la qualité de l’écriture, de la recherche, et celui d’un sens musical profond.

Nous avons reçu avec plaisir  la pièce Sweet Silent thougt ; une mise en musique d’un sonnet de Shakespeare.

Cette pièce a inauguré pour nous un travail nouveau qui fut celui d’une recherche de l’intériorisation musicale propre à ce compositeur. En effet, Philippe Démier dans cette œuvre, demande un véritable engagement à ses interprètes afin de parvenir à une parfaite interaction de la voix et de la guitare. Le thème de la poésie de Shakespeare est celui d’une profonde méditation intérieure. L’adéquation de la musique et du texte est ici tout a fait saisissante, car certains passages sont à penser par la chanteuse qui ne les extériorise donc pas musicalement ; une sorte de confidence entre le compositeur et son interprète. Mais ces phrases pensées ont une influence structurelle sur la musique. Le compositeur étant guitariste de formation, sa bonne connaissance de l’instrument lui a permis d’en utiliser les nombreuses ressources à travers une utilisation des timbres très variée. La création de l’œuvre a eu lieu le 12 mai 2005 à la Chapelle Saint-Charles, Paris 10ème, au sein du festival Envolées Musicales.

Heureux de la découverte de ce nouvel univers musical, nous avons à nouveau demandé à Mr Démier d’écrire une pièce pour nous, cette fois ci sur un texte français. Il a choisi de mettre en musique Le chat, tiré des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, contrepointant ce poème de fragments de textes de Paul Valéry. Le chat poursuit et développe tout à fait les recherches du compositeur vers une intériorisation et une concentration du discours musical. En effet, les deux interprètes sont invités à penser des éléments musicaux ou textuels qui influent ainsi sur la musique en train d’être jouée. L’alternance progressive entre le chanté et le parlé crée une forme particulière de déclamation du texte qui invite là encore à entrer dans un univers musical mystérieux et poétique. La création de l’œuvre a eu lieu le 27 avril 2006 à la Chapelle Saint-Charles, Paris 10ème, au sein du festival Envolées Musicales.

Nous avons eu grand plaisir à découvrir la musique de Philippe Démier, d’autant plus que ces deux œuvres ont été écrites spécialement à notre intention et qu’elles nous ont permis de travailler en étroite collaboration avec l’auteur afin d’évoquer le plus fidèlement possible son univers musical.

  Il est indéniable que ces mélodies sont complexes et ne sont pas toujours immédiatement abordables par un public non averti : Mr Démier est exigeant vis-à-vis de sa musique, de ses interprètes mais aussi de son public, qu’il invite ainsi à entrer dans son univers musical profond, qui nécessite une grande disponibilité à la musique et à la réflexion. Cependant, les qualités incontestables de cette musique méritent que l’on se penche plus longuement sur elle. L’interprète et l’auditeur parviendront ainsi à découvrir les réflexions philosophiques et musicales qui ont présidés à  son élaboration et le sens de cette musique apparaîtra comme une belle récompense à ceux qui se sont donné la peine de la comprendre. »

Paris, le 2 novembre 2007