Notice pour Cœur en bouche

Cœur en bouche (2010-2011) Pour Mezzo soprano et piano

Présentation

Dans cette pièce, j’ai souhaité mettre en relation deux versions d’un même poème de Robert Desnos dont l’une constitue la première phase de rédaction soit le brouillon manuscrit de l’auteur.
Il s’agit du poème Cœur en bouche, extrait du recueil Langage cuit écrit en 1923.

Mettant en regard les deux versions de ce poème, j’ai utilisé les éléments du brouillon  « abandonnés » par Desnos dans la rédaction finale, comme matière pouvant intervenir comme autant de résonances secondes ou souvenirs inconscients, à même de participer à l’écriture finale du poème de façon souterraine.
Ces éléments sont, pour la plupart, des mots isolés voire des vers entiers.

Ces « repentirs » interviennent ainsi comme source d’inspiration et d’épurement pour le poète mais aussi comme possibilité pour moi, de tisser une texture sonore qui forme un réseau de sens supplémentaire.
Tous interviennent dans la composition de façon murmuré ; c’est-à-dire aussi par un mode d’émission particulier qui permet à l’auditeur de les repérer et d’en saisir toute l’importance.

Par ailleurs, au centre de la pièce, la chanteuse doit faire intervenir de façon aléatoire certains des mots ou phrases issus du texte brouillon de Desnos comme autant de parenthèses venant s’incérer dans le texte chanté. Ses diverses insertions peuvent être préalablement préparées par les interprètes en répétition mais aussi – ce que je juge plus dans l’esprit de cette composition : intervenir de façon improvisée lors de l’exécution.
Lors de chaque insertion, le piano répond, immédiatement après, par une cellule spécifique notée entre crochet (la nuance de celle-ci étant libre).

Cœur en bouche inaugure un cycle de compositions à venir, consacrées au thème des Traces et Repentirs.