Notice pour Le chat

Le chat « dans les couloirs de l’âme… » (2006) Pour Soprano et guitare

Le poème de Baudelaire invite à écrire un dialogue  entre le poète et le chat – qui « se promène ». Mais l’animal est caché, dans le moi du poète.

Il s’agit de le rendre manifeste, afin que peu à peu, il devienne plus présent dans la conscience du poète, dans la musique comme pour l’auditeur. Un jeu de cache-cache, car le chat, espiègle, va et vient dans les couloirs de l’âme du poète.

C’est ce qui a suscité l’écriture musicale de la pièce où le silence et la pensée constituent une large part du matériau. Le tissu musical, quant à lui, est organisé pour permettre le mouvement, de l’intérieur vers l’extérieur.
Mouvement mais aussi espace de l’écoute, où l’altérité est fascination. Car ce chat, le poète le regarde attiré « comme par un aimant ». Ainsi, fixant l’animal, il se regarde lui-même.

Cette voix intérieure, que le poète dit entendre dans son « fonds le plus ténébreux », j’ai souhaité la manifester par des mots qui la font sortir du silence de l’intériorité. Aussi, j’ai ajouté dans les silences et dans la résonance du son, des poèmes de P. Valéry, choisi pour leur lien avec ce questionnement de l’intériorité autant que pour leur révélation créatrice.

Toutefois, cette voix qui surgit, interroge à son tour : est-elle la voix secrète du poète ou celle du chat ? Mais c’est peut-être aussi celle de l’interprète. Un champ de possibles naît.

Cette composition demande une participation active des interprètes et plus particulièrement de la chanteuse, qui doit à plusieurs reprises, alterner le chanté et le parlé. En même temps, le mouvement du chat dans l’intériorité du poète nécessite un jeu de voix plus intime dans les passages parlés qui le manifestent.