Notice pour Auriga

Auriga (2001-2002) Caprice pour guitare

   Auriga, la constellation du Cocher, m’a servi de modèle pour la composition de la pièce : chacune des étoiles de la constellation devient ici son de référence et fil conducteur de l’œuvre ; guidant l’auditeur dans un méandre sonore comme le Cocher son attelage.

   L’instrument comporte une scordature des trois dernières cordes et doit être accordée comme suit :

Do1 – Fa1 – Si1 – Sol2 – Si2 – Mi3  (sons réels)

   De façon générale, les 3 cordes graves sont employées comme résonance sympathique, rappelant les chœurs du théorbe.

   Les notes qui servent de structure pour la pièce ont été établies d’après un alphabet musical
Autour des lettres du nom de l’étoile la plus brillante de la constellation : Capella, la Chèvre

C = Do, A = La, P = Si, E = Mi, L = Ré, L = Ré, A = La
C = Do, H = Si, E = Mi, V = Fa, R = Sib, E = Mi

    L’accord spécial de l’instrument pour la pièce est également tiré des lettres-sons de cette étoile.

   La pièce est écrite comme une série de sept variations autour de ces lettres-sons. Chaque variation porte un titre et constitue une pièce autonome ; aussi est-il possible d’exécuter les variations dans un ordre libre, mais la variation  « Le chœur de Galatée » doit terminer la pièce.
Chacune des sept variations permet de  « révéler » les lettres-sons, qui apparaissent de façon plus ou moins marquée au sein de chaque pièce.

   La variation « Hubris » comporte une première section qu’il faut jouer tout en liés de la main gauche seule. Toutefois, vu la faible force sonore due à l’émission d’un tel jeu, il sera possible de n’exécuter ce passage que pour un enregistrement de la pièce et de ne commencer qu’à la suite immédiate pour une version en concert.

   La variation « Interiorem » prolonge mes recherches sur la musique silencieuse. Elle comporte des sons pensés se superposant au jeu de l’interprète.

   Auriga comporte également des procédés aléatoires. Plusieurs cellules – toujours bâties autour des lettres-sons – sont possibles, au choix de l’interprète et de l’auditeur ; ces choix pouvant d’ailleurs ne pas coïncider au cours d’une même exécution. Par ailleurs, la 1ère note d’Interiorem doit être rejouée dès que sa sonorité est éteinte, et ce tout au long de la variation. La nuance est libre pour cette note, aussi le moment de son jeu sera fonction de la nuance choisie par l’interprète.

   Création à Paris en juin 2011, pour le concert /signature de mon livre Le parcours du compositeur.