notice pour Au seuil de la rencontre

Au seuil de la rencontre constitue une étape majeure – un seuil – concernant mon approche de l’espace sonore. Espace et non spatialisation ; un espace construit par l’écriture et la mise en œuvre. Le mouvement, l’instabilité, la verticalité prise comme déploiement et ouverture du son plus que comme résonnance ainsi que le langage atonal sont autant d’éléments permettant  d’orienter l’écoute vers la dimension spatiale.  Chacun des trois  mouvements en constitue une approche particulière.

Le premier mouvement s’ouvre par de longues tenues en harmonique au dessous desquelles l’espace s’ouvre et se referme.

Espace mais également profondeur, par le déploiement d’un accord à partir d’un son initial qui construit la temporalité.

Un espace « contenant » sans cesse déplié et replié par des  figures fugitives, des accents qui percent la texture en une suite d’instants dont le sens se dévoile à la fin.

 

Le deuxième mouvement s’oppose au précédent par l’emploi de sons fugitifs, de motifs brefs et des jeux de rythmes. La première phrase est organisée en double spiralé inversée autour d’un motif –axe (repérable par une appoggiature). Les deux figures – de tête et de fin – de cette phrase se répondent par augmentation et diminution simultanées selon les nombres de la suite de Fibonacci. L’espace se construit par la mémoire et le rappel obstiné des figures.

Le final est construit autour de deux éléments : une tenue mise en espace par un kluster en quarts de tons et un ostinato rythmique par bruits de clés. Il s’agit donc du jeu de deux espaces restreints ; espaces qui interagissent et dont la  rencontre les modifient sans l’un l’autre jusqu’à leur accord final…à bout de souffle.

Tout au long de la pièce apparaissent diverses techniques contemporaines et modes de jeu utilisés afin de modeler l’espace et générer une matière vivante.

Philippe Démier